Le 95% de l'argent est créé par les banques privées
Ils les créent à partir de rien et à travers des crédits mais ils nous les font rembourser avec des intérêts.
Enric Duran

Casa de la Moneda y Timbre, en Madrid
Cela fait déjà plus d’un an que la crise financière fait l’événement, depuis qu’elle a éclatée aux Etats-Unis sous le nom de crise subprime , on a beaucoup publié, expliquant avec plus ou moins de précision et pertinence, comment s’est produit cette crise dans les aspects plus concrets. Ce qui n’a pas été tellement expliqué, et en aucun cas dans les moyens de communication de masse, c’est comment la nécessité de croissance exponentielle du système financier actuel est la cause de fond de la bulle spéculative, et par conséquent de la propre crise, en plus d’être en relation directe avec la crise énergétique et alimentaire.
Par conséquent, nous profiterons de cette opportunité d’atteindre le public, pour expliquer non pas de nouveaux la crise des crédits sinon le sens profond qui fait que le système financier actuel soit une grande escroquerie pour les travailleurs, ainsi qu’un danger pour la durabilité de la vie sur notre planète. Nous comprendrons de cette manière le rôle que jouent les banques, en tant que principales responsables de tout en définitive.
L’histoire de la création de l’argent
L’origine du commerce bancaire remonte aux temps où l’or était l’argent réel et, tel quel, l’orfèvre le gardait dans son magasin. Etant donné que l’or était très lourd et peu commode à transporter, l’argent en circulation était des participations de cet argent métallique. Un jour, l’orfèvre pensa qu’il pourrait encaisser des intérêts pour le prêt de ces participations et afin de compenser il commença à payer un intérêt moindre aux dépositaires de cet or ; ainsi commença en Europe le commerce bancaire.
Ce système avait comme problème le fait que la possibilité de prêter de l’argent était clairement limitée par la quantité d’or en circulation ; donc les orfèvres, déjà convertis en banquiers, inventèrent le système de réserve fractionnaire qui consiste à ce qui n’y ait en réserve qu’une partie de ce qui réellement se prête. Ou autrement dit, à partir de l’argent réel on crée de l’argent fictif dans une proportion qui, tenant compte que tout le monde ne retirera pas son argent au même moment, ne mettra jamais en difficulté les banquiers à l’heure de rembourser les dépôts. Cette proportion était habituellement de 10%, c'est-à-dire, 10 unités en circulation pour chaque unité réelle d’or existant dans la réserve.
Cette augmentation d’argent en circulation favorisa l’expansion commerciale dans le monde et, une fois connue par les états, au lieu d’être interdite elle s’est régularisée. Pour contrôler le risque que signifierait le fait que les gens sachent qu’il n’y avait pas d’argent pour rembourser tout le monde, on créa le système des banques centrales, lesquelles disposeraient de réserves d’or additionnelles pour pouvoir prêter aux banques dans les moments de crise.
La création de l’argent dans l’actualité
Avec le temps, le système de banques centrales et réserve fractionnaire est devenu dominant dans le monde ; l’or qui garantissait l’argent en circulation fut diminué, jusqu’à ce qu’en 1971 le modèle de l’or disparu, c'est-à-dire qu’on cessa de l’utiliser comme base réelle de l’argent.
Bien que cet aspect fondamental du système monétaire fut modifié, les banques centrales et le système de réserve fractionnaire continua, mais avec des réserves constituées seulement d’annotations bancaires créées à un certain moment par les banques centrales ; des réserves qui représentent de l’argent mais qui ne sont pas garanties par de l’argent ayant une base matérielle. Ceci change complètement la nature de l’argent parce que tout ce que nous avons actuellement en circulation est créé à partir de rien et est par conséquent un pure contrat, qui a de la valeur seulement parce que tout le monde le lui en donne.
L’argent qui se crée de nos jours, se crée basiquement à partir des prêts, c'est-à-dire sous forme de dette, que ça soit publique, commerciale, externe ou de particuliers. Et ce n’est pas tout, car au moment où les dettes sont remboursées, cet argent disparait, de telle manière que le système financier dispose d’un outil pour augmenter ou réduire l’argent en circulation.
L’argent, c’est les banques centrales et les banques privées qui le créent. Seul entre 3 et 5% de l’argent en circulation a été créé par les banques centrales, le reste c’est les banques privées qui le créent à travers des crédits ainsi (et chaque fois un peu plus) qu’à travers de complexes systèmes de spéculation financière.
De nos jours, la création d’argent est seulement limitée par un règlement qui indique dans quelles conditions les banques peuvent prêter de l’argent et comment doivent- elles faire concorder les annotations dans leurs balances pour le faire.
Dans le cas de l’Union Européenne, le règlement qui oblige les banques et la BCE (Banque Centrale Européenne), dit qu’elles doivent avoir comme réserve minimum 2% du total de l’argent ; les autres 98% elles peuvent le prêter ou l’investir. L’argent déposé pour une durée égale ou supérieure à 2 ans n’est pas concerné par cette norme, et on peu l’investir à 100%. Tout ceci peut être vérifié dans l’article 4 du Règlement (CE) nº1745/2003 (BCE/2003/9).

Les états face à la création privée de l’argent.
Si l’argent n’est plus de l’or (ce qui était la justification avec laquelle on créa le système de banque commerciale et de banques centrales, comme responsables de garder l’or et de le convertir en argent en circulation), pourquoi est-ce que les banques continuent-elles à être les seules à pouvoir créer de l’argent ? Et pourquoi le font-elles uniquement sous forme de dettes qu’il leur faut rembourser avec des intérêts ?
Autrement dit, Pourquoi les Etats doivent-ils payer des intérêts à leur banque centrale pour ainsi pouvoir financier les dépenses publiques, quand c’est de l’argent que les Etats pourraient créer directement au moment de réaliser ces dépenses ?
La seule réponse logique qui peut nous venir à esprit est que c’est que la banque qui contrôle les gouvernements et non pas l’inverse, n’est-ce pas ?
On se rappelle der Mayer Rothschild, membre de la dynastie européenne des banquiers la plus puissante, pour une citation qu’il disait“Laissez-moi émettre et contrôler l’argent d’une nation et ça me sera égal qui fait les lois ”.
Les intérêts et la nécessité de la croissance exponentielle.
Quand une banque concède un crédit elle crée l’argent du crédit en lui-même, mais pas l’argent correspondant aux intérêts que la banque fera payer au débiteur durant la durée du prêt. Etant donné que tout l’argent en circulation se crée sous forme de dette avec intérêts, nous pouvons conclure que l’argent pour rembourser tous les intérêts de la dette simplement n’existe pas.
Donc, Comment est-ce que le système financier a survécu autant de temps ? Fondamentalement pour 2 raisons.
1. Parce qu’il est financé par l’endettement croissant, c'est-à-dire que l’argent en circulation doit augmenter constamment afin qu’on puisse payer les intérêts des dettes et que le système ne se collapse pas. Ceci a avoir avec comment le système incite toujours plus tout le monde à ce qu’il s’endette, en commençant par les personnes hypothéquées, prêts personnels faciles et
rapides, cartes de crédit ; mais aussi les entreprises et les états. On parle donc de croissance exponentielle, de l’économie et de l’espolio des ressources naturelles de la planète.
2. Parce qu’il y a ceux qui ne remboursent pas l’argent principal des dettes et payent seulement les intérêts. Ceci est le cas des dettes publiques des états les plus puissants, ou des diverses entreprises et institutions puissantes qui ont des conditions privilégiées ; ou probablement aussi pour toutes les figures de type polices et cartes de crédit, pour les quelles on ne rembourse pas on plus l’argent principal et le contrat se rénove année après année de manière indéfinie.
En tous cas, ceci nous fait comprendre jusqu’à quel point le système financier nécessite une dette en augmentation, et comment l’augmentation des hypothèques et des crédits à la consommation peut arriver à être lié au maintien du système financier actuel.
Par conséquent, dans le contexte global tout le monde est endetté, et la différence se situe seulement entre ceux qui doivent rembourser les dettes et ceux qui ne doivent pas.
La banque et la bulle immobilière
Si il y a 15 ans il était impensable d’accorder une hypothèque à plus de 15 ou 20 ans, cette possibilité a été doublée exprès, par les banques et caisses, jusqu’aux 35 et 40 ans d’hypothèque actuels. Avec cette action tellement simple et perverse à la fois, la banque a facilité et provoqué la hausse des prix des logements, puisqu’en augmentant la capacité d’endettement des personnes elle a fait augmenter les prix que nous avons la capacité de payer.
Ceci a bénéficié à la banque parce que, avec les hypothèques, elle a pu créer de l’argent et encaisser des intérêts en très grande quantité et avec un indice de morosité minime, grâce à la caractéristique de la nécessité basique de logement. Avec l’augmentation des prix, elle a provoqué la croissance désorbitée des principales entreprises constructrices et immobilières de l’Etat et ainsi ses propres bénéfices, puisque les principaux actionnaires de la majorité de ces entreprises sont des banques et surtout des caisses.
L’inflation comme vol silencieux de notre pouvoir d’achat
En créant de l’argent et en encaissant des intérêts sur celui-ci, les banques créent de l’inflation, c'est-à-dire, elles augmentent la quantité d’argent disponible sans augmenter en même temps l’offre de biens et de services. Si nous doublerions la quantité de monnaie en circulation sans augmenter la quantité de producteurs d’une manière équivalente, nous ne nous convertirions pas en deux fois plus riches, puisqu’il y aurait les mêmes biens, les prix aussi doubleraient.
Cette sur-création d’argent que nous sommes obligés d’utiliser nous affecte à tous (que nous soyons ou non clients des banques), et quand ce privilège se maintien en exclusivité par un groupe d’institutions privées, nous pouvons conclure qu’il s’agit d’un vol légal pour lequel
l’argent perd de la valeur durant chaque portion de temps où nous l’avons. Tout cela représente une immense quantité volée.
De plus, l’inflation sert aussi à fermer le cercle, puisqu’elle fait que l’argent n’ait qu’un seul endroit facile où se réfugier de la perte de valeur et cet endroit est la banque. Ainsi les personnes, et spécialement celles qui épargnent, nous sommes forcées de nous protéger de la dévaluation en cherchant refuge dans un banque, laquelle avec ce nouveau dépôt pourra créer plus d’argent et produire plus d’inflation faisant que la roue ne s’arrête pas. L’inflation attrape notre argent dans le système bancaire et c’est le meilleur stimulant qu’il ait pour capter les dépositaires.
L’une des conséquences de ce processus c’est la dépossession dont souffrent les personnes âgées. Les travailleuses retirées voient comment même en ayant eut une vie entière dédiée au travail, à la fin de leur vie productive elles se retrouvent avec une pension qui leur donne un pouvoir d’achat chaque fois plus bas. Précisément à l’âge auquel elles devraient pouvoir jouir de tout l’effort réalisé, il en résulte que c’est le moment où elles en possèdent le moins.
Le vol financier dans le milieu international
Le financement intervient aussi dans le contexte des échanges économiques internationaux, c'est-à-dire des importations et des exportations de matières premières et produits manufacturés. Si un pays a une balance de payements négative, c’est à dire qu’il paye plus pour ce qu’il importe que ce qu’il encaisse pour ce qu’il exporte, il ne pourrait pas acheter tout ce qu’il voudrait sinon il s’endetterait.
La dette externe est par conséquent la conséquence du déficit commercial des entreprises et du gouvernement d’un pays dans sa balance de payements internationaux.
Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale ce commerce international se fait basiquement en dollars et depuis 1971, au moment où s’élimina le patron de l’or, la Réserve Fédérale Américaine (FED) a la liberté totale pour mettre ou cesser de mettre en circulation tous les dollars qu’elles veut, puisqu’elle n’a à donner d’explications à personnes ni à démontrer aucune garanties ; comme la banque privée des Etats Unis, avec comme seule limite de maintenir la fraction de réserve. De cette façon, en contrôlant la création de dollars, une minorité financière (nous rappelons que la FED est une entité privée) contrôle les valeurs des relations économiques internationales. De cette manière EU peut acheter tout ce qu’il veut en dehors, pendant que les autres pays contractent des dettes qu’ils doivent payer. Les pouvoirs internationaux profitent de cette dette pour obliger les pays endettés à assumer certaines politiques d’ouverture des frontières pour les marchandises et la spéculation financière, forçant ainsi à ce que les puissants s’approprient de leurs productions et ressources naturelles à des prix dérisoires.
L’argent tel qu’il est conçu est un outil à partir du quel certains pouvoirs financiers s’approprient de toutes les ressources naturelles et humaines de la planète.
Croissance infinie vs. Planète finie
Ce système financier dépend de la concession de chaque fois plus de quantité d’argent en prêts. Les prêts se traduisent finalement par un impact environnemental étant donné que les gens les demandent pour s’acheter une voiture, pour voyager, pour agrandir une industrie ou pour construire des maisons, entre autres. Nous pouvons donc voir que ce système de croissance de l’économie à travers l’emprunt dépend de la conversion constante et croissante des ressources naturelles en CO2 et en déchets. Et par conséquent, au moment où nous arrivons aux limites de la croissance de la production d’énergie à cause du déclin du pétrole et quand s’approchent aussi les limites de beaucoup d’exploitations minières, nous pouvons conclure que ce système créé il y a plus de 300 ans sur la base du crédit croissant ne peut continuer tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Cette réflexion coïncide avec une grande crise financière globale, donc nous osons nous demander : La crise actuelle signifie-t-elle la fin du système financier basé sur la croissance ?
Guerres et finances

Peut-être ne serez-vous pas surpris d’entendre que derrière toutes les guerres se trouvent les intérêts de l’industrie de l’armement pour vendre plus d’armes et encaisser beaucoup d’argent. La génération des besoins là où il n’y en avait pas est commune à toutes les pratiques du capitalisme actuel, que ça soit des armes, des nouveaux téléviseurs, des systèmes de vidéosurveillance ou des appareils domestiques électriques, nous nous trouvons toujours avec d’importants intérêts commerciaux derrière.
Plus méconnue du grand public, c’est l’utilisation des guerres par le monde des finances. La banque utilise les guerres au moins de deux manières fondamentales. D’un côté les frais économiques astronomiques que génère une guerre permettent au pouvoir financier de s’approprier le pouvoir des pays en lutte ; ceux-ci devront faire face durant beaucoup d’années à la dette externe contractée comme ce fut le cas historique de Nicaragua, Philippines, Niger, Cameroun, Côte d’Ivoire et du Zaïre.
D’un autre côté les guerres dans lesquelles interviennent les principales puissances, comme c’est le cas des Etats Unis, permettent de créer une grande quantité d’argent, sous forme de dette publique de laquelle on paye seulement des intérêts et de cette manière on donne au système la liquidité qu’il nécessite. La guerre d’Irak a permis aux banques des Etats Unis de créer 3 billions de dollars depuis son début. Ceci à été le coût de la guerre pour les Etats Unis et c’est à la fois la quantité dont a augmenté sa dette nationale pendant la même période, qui est actuellement de près de 10 billions de dollars. C’est n’est pas de l’argent que payent les citoyens nord-américains sinon tout le monde à travers de l’inflation.
Références pour plus d’informations:
- Capitalisme (financier) global et guerre permanente. Le dollar, wall street et la guerre contre l’Irak.
- Money as Debt ; Vidéo sur le fonctionnement du système monétaire. http://www.moneyasdebt.com
- Documents, livres et articles en relation avec comment fonctionne le système monétaire : http://www.altruists.org/375
- Information digitale ; une autre manière de penser aux faits économiques : http://www.altereconomia.org
- Forum de débat et d'apprentissage sur la bulle financière et immobilière: http://www.burbuja.info

Enviar un comentario nuevo